Utopies nécessaires
Acte de Naissance
La Compagnie des Nuits Partagées est née d'une étonnante concordance entre le désir commun et passionné de faire du théâtre autrement, et la multitude des envies et moyens nécessaires pour y parvenir.
Sortir de l'ornière.
Prendre le temps de rester longtemps ensemble. C'est à partir de la confiance réciproque que la Compagnie se projette à long terme. Qu'elle imagine une source de travail collectif (prise en charge de l'ensemble de la création des spectacles - scène, décors, costumes, infographie, communication, etc-). Source à laquelle chacun de nous pourra revenir enrichi de ses expériences extérieures.
Qu'elle crée une structure où tous - comédiens, costumiers, régisseur, metteur en scène...- pourront progresser ensemble dans la durée à travers la réalisation de plusieurs spectacles.
Qu'elle s'autorise l'égalité et la solidarité: décisions collégiales, tant administratives qu'artistiques, égalité des salaires, primauté mais non exclusivité de la Compagnie sur les projets individuels.
Seule cette fidélité librement consentie constitue pour nous l'assurance d'un épanouissement individuel et d'une maturation collective.
Reprendre la route... d'un théâtre populaire et civique. Fonder la compagnie sur des espoirs.
Celui d'un nomadisme géographique et artistique: croire qu'aucun public - rural, défavorisé, emprisonné, illettré- n'est inaccessible. Croire qu'aucun texte - classique, du répertoire, contemporain, de jeunes auteurs d'ici ou d'ailleurs- n'est réservé.
Celui d'une collaboration avec tous les acteurs socio-culturels - municipalités, écoles, médiathèques, foyers ruraux-...
Celui donc, d'accompagner la représentation théâtrale de discussions d'avant et d'après spectacle, de faire le chemin vers le public, de tenter de ne plus l'isoler culturellement, financièrement.
L'envie nous anime de croire encore que le théâtre peut changer les choses, qu'il peut être politique. La passion nous habite, nous oblige à la même exigence envers tous les théâtres, tous les textes.
Frédéric Gelbseiden, 2001