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DIFFUSE AU THEATRE DE L'ADRESSE DU 07 AU 28 JUILLET 2012 DANS LE CADRE DU FESTIVAL OFF D'AVIGNON
LA FEMME MORCELÉE
d'après Moi Ulrike je crie, C'est arrivé demain, le Viol, Une mère
de Franca Rame et Dario Fo traduction Marie France Sidet
Création théâtre-danse-son tout public à partir de 15 ans
Durée : 1h
Date de création : 08 mars 2012
Production Compagnie des Nuits Partagées
Co-production: Ville de Castelnaudary (11), Théâtre des 3 Ponts
Apport en industrie: La Chapelle Gély / Association Music Events, La Baignoire / Compagnie les Perles de Verre, Association Etre en scène / l'Atelier, Le Tortill'Art / Ville de Saint-Amans-Soult (81)
Aide à la création: Région Languedoc-Roussillon
Mise en scène et jeu :Linda Dorfers
Chorégraphie et danse: Maud Payen
Création son et jeu: Pierre Coulon Cerisier
Lumière: Sonya Perdigao et Marion Alsina
Scénographie : Dominique Raynal
Costumes: Sandrine Rozier
Regard extérieur danse: Nathalie Galoppin
Direction d’acteur : Elise Hobbé
Résidences: Théâtre Scène des 3 Ponts (du 3 au 12 novembre 2011) La Chapelle Gély (du 07 au 09 et du 14 au 20 décembre 2011, du 2 au 6 janvier 2012), Théâtre En Flammes (16 au 24 janvier), Le Tortill'art St. Amans-Soult (81): du 20 février au 02 mars), montage à Castelnaudary (du 5 au 8 mars).
Un projet d'intervention en lien avec les thèmes développés dans le spectacle sur dix séances avec un groupe de femmes suivi par le CCAS de Frontignan de janvier à mars, ainsi qu'un atelier citoyen le 7 mars au Centre Culturel.
Torture et fouilles en prison, viol par des milices armées, assassinat par les forces de l'ordre... Adapté de quatre monologues sur fond historique, ce spectacle questionne les violences qu'on inflige aux femmes au nom de la Loi et du Pouvoir et témoigne de leur capacité à résister. Placer le spectateur dans le trouble, lui tendre le miroir ciselé d'une violence sans faille à travers un univers scénique rageur et doux, engagé et soumis, sarcastique et poétique, vicieux et parfait tel est le pari de cette création. Une adaptation qui dialogue entre théâtre, danse et musique dans une esthétique épurée pour parler des femmes en s'adressant aussi aux hommes.
De celles qui osent mettre en question l'éternel idéal féminin de l'Homme.
Celles qui revendiquent leur complexité plurielle et s'impliquent, s'engagent, existent.
Le propos, tout comme les textes de départ, est donc engagé. Cependant il ne s'agit pas d'un spectacle-pamphlet, mais d'un témoignage sensible qui explore le concept de pluralité sous toutes les formes : celle des violences (physiques, psychologiques, sensorielles...) qui semble être proportionnelle à celle des femmes dans leurs vulnérabilités et leurs résistances. Celle de la femme elle-même tour à tour bourreau et victime, active et passive, soumise et révoltée.
Avec ce tissage habile de quatre paroles de femmes qui nous livrent aussi le regard masculin porté sur elles, nous ne nous situons pas dans une logique de récit linéaire, mais dans une abstraction volontaire. Plutôt que de parler de personnages, nous pourrions raisonner en terme de figures qui ont chacune leur logique propre, mais s'enrichissent dans le miroir des autres pour dresser un tableau complexe, intemporel et universel. Tout est fait pour échapper à la figuration du texte.
Ainsi la violence crue contenue dans les mots est mise à distance par
une création lumière subtile toute en géométrie et perspectives qui donne toute son ampleur à la polysémie d'une scénographie à trois niveaux`
l'utilisation amplifiée de la voix intérieure et la musique produite in situ, en interaction directe avec les situations, tour à tour univers mental, carcéral, organique ou onirique
la beauté de la chair en mouvement avec la volonté de traverser différentes énergies pour explorer et pousser les limites
des costumes qui évoluent au fur et à mesure du spectacle avec la volonté de révéler la beauté des femmes: du costume « social » immaculé vers l'apparition de la chair contenue et torturée
le travail du double et la dissection entre cerveau (idées, raison, émotions) et corps (mouvement dans l'émotion), entre ressemblance et opposition, passage de relais.
Pour que tous les éléments et composantes du spectacle participent à créer une poétique de la violence et de l'enfermement.
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copyright images: Marc Ginot
Au départ il y eut l'uppercut que je reçus à la première lecture des quatre monologues au printemps 2003. Quelque part en moi ces textes résonnaient avec cette part de l'Histoire allemande qui m'avait vu naître et qui marqua l'âge de raison, tant elle fût moins médiatisée et travaillée dans les écoles que la montée du Nazisme et la Seconde Guerre Mondiale.
Des images précises remontèrent alors, celles d'une enfant questionnant ses parents sur des avis de recherche affichés sur le chemin de l'école et, en face, des adultes en difficulté pour expliquer à l'enfant ce qu'est le terrorisme et quels étaient les faits.
J'ai eu, toujours à la première lecture, le sentiment imminent que ces quatre textes constituaient une unité, qu'il y avait là un lien à explorer, un éclairage particulier à donner à travers un projet de spectacle. Puis j'ai commencé à m'investir dans un travail artistique de terrain autour des femmes.
Les monologues n'ont eu de cesse de m'accompagner, d'interpeller ma propre violence intérieure, ma révolte. Une première demande de collaboration à la mise en scène avait échouée. En 2007, une autre fille est née et m'a faite mère. Puis, avec le résultat des Présidentielles, le sentiment d'urgence de la révolte s'est imposé.
Il m'a alors semblé important de questionner l'Histoire en lien avec les textes afin de chercher à comprendre de manière la plus objective possible comment l'être humain peut basculer dans l'illégalité et le crime organisé pour continuer à défendre des idées à priori humanistes. La rencontre avec la danse m'a très vite fait penser ce spectacle à deux corps pour mieux pouvoir travailler autour de la résistance mentale et physique dans des conditions extrêmes, la dissociation et le dédoublement de la personne
Au fil du temps j'ai compris que je devais moi assumer la maternité et donc la mise en scène de ce projet. Nous avons fait plusieurs laboratoires de recherche, essayé et confronté au public des formes différentes, interrogé passé et présent. Pensé au départ en deux diptyques (l'un autour de la femme publique politisée et médiatisée, l'autre autour de la violation de l'intimité féminine), très vite l'idée d'un montage de quatre voix entremêlées s'est imposée.
Cette adaptation ne répond pas à des règles logiques d'un récit linéaire.
Il s'agirait plutôt de tranches ou de moments de vie qui se répondent, se font écho, tels des visions.
Le spectacle existant est traversé par le fil de l'enfermement, mental, physique, psychologique et celui de la violence aussi diversifiée auxquels répondent, se soumettent, s'opposent ceux de la révolte et de la volonté de questionner, de témoigner.
Pour laisser trace des horreurs infligées sous le sceau de la justice et de notre capacité à survivre au delà de la douleur.
Qui a fait l'objet d'une interdiction par les avocats italiens de Dario Fo et Franca Rame à six semaines de la première. Mais je ne pouvais accepter ni l'idée de vouloir créer Résistances, féminin pluriel et parler d'injustice et de me laisser arrêter par une interdiction juridique ni cette réaction qui venant de la part de ces auteurs-là me semblait en totale inadéquation avec les luttes qu'ils ont passé leur vie à défendre et écrire. Un immense merci à Marie-France Sidet qui par sa confiance absolue et son implication personnelle pour ce projet a réussi a obtenir le droit de retraduire l'adaptation et nous a permis la naissance du spectacle.
Moi, Ulrike je crie.
Ulrike Meinhof, née à Oldenbourg (Allemagne) en 1934, membre du parti Communiste allemand (alors interdit), journaliste militante et intellectuelle de gauche fût arrêtée comme tête pensante de la Fraction d'Armée Rouge (R.A.F.) en juin 1972 après deux années passées en clandestinité. Condamnée à huit ans de réclusion, elle fît au moins deux séjours dans le « quartier de la mort »: isolement total, cellule blanche et insonorisée, lumière électrique jour et nuit. Le procès de Stammheim contre les membre de la RAF devait revêtir un caractère d'exemplarité. Le 9 mai 1976, un an après son début, au moment de la production des preuves de la défense, Ulrike Meinhof fût trouvée morte dans sa cellule. Cette mort proclamée comme suicide et donc abandon ne fût jamais réellement clarifiée, mais contesté par une commission internationale comme assassinat déguisé.
Ce texte constitue la dénonciation du système politique et sociétal impérialiste allemand telle qu'Ulrike Meinhof, érigée en sorcière des temps modernes, a pu la crier depuis son enfermement dans l'isolement total.
C'est arrivé demain.
Irmgard Moeller, membre de la R.A.F. fût arrêtée en juillet 1972 pour « appartenance à une association criminelle appelée R.A.F.». Condamnée à quatre ans et demie de prison, (...) elle est la seule survivante de la nuit du 18 juillet 1977 où furent tués au 7ème étage de la prison de Stuttgart-Stammheim Andreas Baader, Gudrun Ensslin et Jan Carl Raspe. Pendant l'enquête (...), Irmgard déclara avoir perdu subitement connaissance (…) et s'être éveillé dans un bain de sang. Elle avait de profondes blessures faites avec une lame qui avait que de peu évité le cœur. Irmgard a dénoncé cette tentative d'assassinat, mais l'affaire a été classée.
Le texte relate les évènements de cette nuit de manière subjective via la mémoire du corps et le regard porté sur celui-ci.
Le viol.
Transposition pour le théâtre d'un témoignage publiée dans Quotidiano Donna (probablement celui de l'auteure elle-même suite au viol d'intimidation qu'elle a subi par des milices armées d'extrême-droite en 1973), ce texte est le récit d'un viol collectif subi dans une camionnette. L'incrédulité de la femme, son désir de comprendre en opposition à la violence gratuite des hommes.
Une mère.
Une femme découvre par le filtre des media le passé terroriste de son fils unique au moment de son arrestation. Elle cherche donc à retracer l'histoire pour comprendre.
En essayant de trouver des indices de sa propre faute (la mère coupable), elle revisite son propre passé, ses convictions politiques et éducatives ainsi qu'un pan de l'Histoire collective. Un miroir tendu au public, à nos propres contradictions, à l'hypocrisie d'un système politique corrompu d'une société bienpensante.
Avignon, L'adresse 2012:
"Un spectacle qui réveille nos consciences endormies au jour le jour. la richesse de l'expression est touchante. merci"
"Bravo pour votre création. Plus tard quand vous serez revenus à Montpellier j'aimerai que nous en parlions"
"Merci pour ces femmes, merci pour la créativité, merci pour la peau dans le dur"
"Bravo - si toutefois on peut l'exprimer ainsi- pour ce spectacle. Où tensions +++ vous monte de tripes! Bien compréhensible! Un festival sans paroles engagées ne serait pas festival qui interroge"
"Merci pour l'audace, pour le dire... élévation de l'expression artistique et du public qui le mérite... Merci pour les silences."'
"Magnifique!!! Emouvant!!! Troublant!!! Traité d'une manière pure et moderne. Je vais le conseiller."
"Je vais écrire un mot en allemand pour mieux exprimer ce que j'ai ressenti: Bravo! Die Inszenierung war atemberaubend und intensiv. Am Schluss wollte ich nur noch schreien und als es soweit war, kam kein Ton mehr raus. Ihr gebt mir etwas auf meinen Weg mit und das ist ein sehr wertvolles Geschenk! Merci..." Nadine
"Des références à l'interprétation, j'ai tout aimé. Subjuguée, émue, bouleversée, en colère; il en faudrait encore pour exprimer les vagues d'émotions qui m'ont traversée. J'espère avoir l'occasion de voir d'autres de vos travaux. Bravo!" Camille
"Bravo pour l'interprétation et le présence des différents artistes sur des textes si éprouvants"
"Vraiment bravo! le meilleur spectacle de mon séjour"
"Spectacle complet. Félicitations"
"Résistances... Texte fort dont la mise en scène est excellente. Merci de tout coeur pour l'émotion!" 22/07/12
"UN spectacle qui secoue! Fort, dur, violent, magnifique!"
"un vrai travail, une (convention?) qui fait jaillir l'émotion sans restriction- c'est très fort, très beau- Bravo."
"Résistances: Bravo pour ce spectacle. très belle prestation et très belle découverte (enfin!) de ce festival" Ruth de Paris, 25/07/12
"Difficile de redescendre.... Danse, texrte, jeu et musique nous emportent et à la sortie on a même oublié notre adresse. Immense merci pour cette offrande!" 26/07/12
Le Tortill'art, 1er mars 2012:
"J'ai vibré ce soir à ce spectacle qui allie le texte, la musique et la danse. N'est-ce pas l'image de notre vie d'engagement pour défendre des causes qui nous paraissent justes et qui nous demandent toute notre énergie! Bravo!" Brigitte
"Rien à ajouter... trop d'accord!!!" Marie-Andrée
"Texte très fort et mis en valeur par votre interprétation. Spectacle UTILE à la ccause des femmes et qui sera je l'espère vu par beaucoup d'hommes pour leur donner à voir et à ressentir ce qu'est le viol. Bravo d'avoir investi à ce point le sens des textes de Dario Fo" C. Rouquette
Castelnaudary, 8 mars 2012:
"Félicitations! Mise en scène originale! Bravo à chacun de vous pour cette formidable réalisation. De fortes émotions, du sarcasme, divers sujets... s'entremêlent.Un méli-mélo réussi... Décor et son utilisation très bien réfléchi. Enfin, le choix des musiques et la façon dont la danseuse se meut collent formidablement au choix de ces textes. Cela dit, pourquoi avoir choisi une prisonnière allemande? (histoire personnelle?) Tant de questions en suspend. Continuez! Encore bravo. Toutes mes amitiés"
"Belle performance assez captivante très physique. J'ai beaucoup aimé."
"Belle présentation, très captivant, on a adoré"
"Une pièce vraiment très forte en émotion. très beau travail!" pauline
"J'ai beaucoup aimé ce spectacle, j'ai surtout adoré le contexte chorégraphique qui était impressionnant. Pour une première c'était génial!" Laetitia
"J'ai trouvé votre spectacle très émouvant et cela m'a mis les larmes aux yeux car il y a une situation (passages) qui m'a fait repenser à ce que j'ai vécu." Ingrid
" J'ai beaucoup aimé votre pièce de théâtre. Ca m'a fait pleurer au moment du viol" mélanie
Frontignan, 10 mars 2012:
"Superbe pièce, lumineuse, raguese, engagée"
Bravo Linda à toi et à toute ton équipe. Beau spectacle. Bonne continuation à vous en espérant te revoir bientôt" Pascale et Francesca
"C'était fort. Bravo pour la chorégraphie. merci." Olivier, Mèze.
"Un minimum de mots pour une émotion extrême et puis le corps en mouvement et en arrêt! Formidable! Merci!" Michel Negrell, Mèze
"Bravo à tous les trois. beaucoup d'émotion. C'est à la fois violent et tendre. Bravo Linda!" laurent. Agde
"Merci à vous de porter aussi bien la parole de ces femmes baillonnées, par le verbe et le langage du corps..." Laurence
"Merci pour toutes les femmes pour cette pièce courageuse qui dénonce tant de choses d'une manière si captivante"